Conception agro-écologique d’un Paddock Paradise

L’association IFH a invité Gwenaëlle Le Roux à partager un article sur la conception agro-écologique d’un paddock paradise. Elle précise que ce sont les 1ère étapes… Mais vous avez ici une bonne base pour réfléchir sur la création ou le développement de votre Paddock Paradise selon des principes agro-écologiques.

Auteur : Gwenaëlle le Roux, cavalière, ancienne cavalière de CCE jeunes chevaux, encadrante et enseignante, dirigeante de pension de chevaux. Créatrice et administratrice du groupe Facebook : Semences et plantations pour Paddock Paradise Agroécologique, Administratrice du groupe Facebook : Paddock paradise et natural horse care pour les francophones (13045 membres à ce jour)

Notre challenge est de créer un espace vivant pour l’esprit équin et pas pour le nôtre. Plus précisément, un environnement qui déclenche chez le cheval les réponses d’un comportement naturel. Je crois que le problème avec nombre de systèmes de confinement actuels est qu’ils empêchent de tels comportements ou bien récompensent le cheval de ne pas en avoir.” – Jaime Jackson (“Paddock Paradise”)

Cet article est fait pour que chacun puisse débuter et avancer étape par étape, en tenant compte de ses avantages et de ses contraintes personnels : Il s’agit d’aménager une structure durable et écologique, s’inscrivant dans un écosystème global capable de répondre aux besoins de chacun de ses composants. C’est à lire tranquillement et à mettre en pratique au fur et à mesure… il y a surtout des informations à réunir et à mettre en forme, tout est expliqué par étape (et on peut même “zapper” une étape pour y revenir plus tard)

Travailler avec la nature et non contre elle” (Bill Mollison)

A ) définir ses objectifs :

1 – Critères fondateurs du Paddock Paradise : prendre soin des chevaux

  • CRITÈRE N° 1 : Une piste qui circule à travers le terrain menant les chevaux vers des activités diverses, créant ainsi un environnement naturel pour eux. Il est préférable de ne pas avoir de « cul de sac». Le but ici est d’inciter le comportement naturel migratoire du cheval
  • CRITÈRE N° 2 : La création d’un point d’eau sera le premier élément à instaurer. L’eau sera donc toujours présente au niveau du sol. Dans la nature les chevaux entrent dans l’eau pour boire, hydratant ainsi les sabots pour maintenir une bonne qualité de la corne. Les pentes devront être assez plates pour faciliter l’accès aux chevaux et pour casser plus facilement la glace l’hiver. Les endroits boueux entourant les points d’eau sont un plus. Les chevaux mouillés aiment se rouler dans la boue pour éloigner les parasites. Dans la nature, le point d’eau est souvent le centre de leur environnement où beaucoup d’activités sociales ont lieu. Le but ici est de stimuler le comportement naturel de boire dans une posture normale pour le cheval.
  • CRITÈRE N° 3 : Le terrain aura un ou plusieurs points culminants. L’equus caballus s’est adapté à un environnement escarpé et montagneux, et nos prés plats n’ont pas beaucoup d’intérêt pour lui. En créant des collines, et des ravins, nous proposons un environnement plus naturel qui va contribuer à le maintenir en excellente santé physique. Les chevaux auront des points « stratégiques » en hauteur où ils pourront mieux voir les prédateurs (l’interférence humain, des chiens, des animaux sauvages, etc.).Le but ici est de créer un habitat plus naturel pour le cheval en proposant des terrains qui donneront une activité plus physique que dans un pré, tout en fournissant des « zones de sécurité » en hauteur pour cet animal de proie.
  • CRITÈRE N° 4 : Les chevaux vivent en groupes ou « troupeaux ». Ils sont très sociables et ont des liens très forts avec leurs congénères. Les juments et hongres, et idéalement même les entiers vont être rassemblés. Un cheval ne devrait jamais vivre seul. Dans le cas d’une pension, il faut penser à la taille de leur habitat. Il faut penser à la sécurité des humains avant d’introduire les entiers. Dans le cas des élevages, on pourrait envisager une deuxième piste pour contrôler le comportement de reproduction. Il vaut mieux consulter et réfléchir ensemble avant d’ajouter des entiers à un troupeau. Le but ici est d’encourager les besoins sociaux (toilettage, jeux, poulinage, reproduction) et de réveiller les instincts du cheval.
  • CRITÈRE N° 5 : Plus tard, la piste peut être stabilisée en y mettant des textures différentes. Chaque décision sur l’application de textures sur des différents segments du terrain devrait être prise dans le but d’améliorer le corps et les sabots du cheval dans le troupeau qui est en moins bonne santé que les autres. Ce cheval “maillon faible”, est le représentant du troupeau qui indiquera comment et quand la piste pourrait être plus difficile. Cela veut dire qu’un Paddock Paradise est construit par étapes ou « phases ». Tous les Paddocks Paradise devront être améliorés et développés dans le temps. Un cheval qui n’est pas en bonne santé peut être introduit dans un tel paddock paradise. L’idée est d’aider à faire la transition du traditionnel vers le naturel le plus facilement possible. On peut créer des endroits de « refuge » pour les chevaux plus faibles et pour les petits nouveaux. Pour les textures du terrain, on doit penser à différents types de cailloux : un professionnel peut conseiller. Il est préférable de ne pas utiliser des matériaux artificiels tels que le béton, les briques, et du ciment : ce sont des éléments artificiels qui peuvent contribuer au stress physique et créer des usures artificielles sur les sabots. Le but ici est de développer une usure naturelle des sabots. Ceci aidera le sabot à retrouver sa forme naturelle et encouragera un déplacement naturel du cheval qui à son tour aidera au développement d’un corps sain et en bonne santé physique.
  • CRITÈRE N° 6 : Un fourrage d’une excellente qualité sera donné en libre service. Des petits tas peuvent être déposés le long des pistes pour simuler le comportement naturel d’alimentation “itinérant”. Ce comportement va également aider dans l’usure naturelle des sabots. De grosses quantités déposées à quelques endroits vont inciter le stationnement et vont donc diminuer le mouvement et ainsi l’usure des sabots. Le foin devrait être déposé au sol, ou proche du sol, pour encourager la position naturelle de s’alimenter ; si l’aire de nourrissage est boueuse il faut surélever le fourrage. On proposera du foin composé d’une grande diversité de plantes fournissant au cheval ses besoins en oligo éléments et minéraux, et des blocs de sel et de minéraux (sans mélasse). Le foin sera récolté en préférence sur des pâtures (à l’intérieur des pistes) sans apports d’engrais chimiques. Ceci aidera à développer la diversité dans le sol et à prévenir les effets néfastes des engrais chimiques sur les chevaux. On doit éviter de laisser les chevaux se nourrir directement à l’intérieur d’un Paddock Paradise (pour pour éviter un risque de fourbure). La biologie d’Equus caballus est le résultat de 60 millions d’années d’adaptation et de sélection naturelle arrivant il y a approximativement 1,4 million d’années dans des environnements tels qu’il existe dans le désert du Great Basin en Amérique du Nord. Le système digestif et métabolique du cheval ne peut gérer les pâtures vertes que l’on trouve aujourd’hui dans la plupart des propriétés de chevaux. Depuis 1990 les études effectuées par des chercheurs ont démontré que les sucres dans l’herbe peuvent être à l’origine des fourbures. La science aujourd’hui n’a pas encore étudié quelle était l’alimentation naturelle du cheval. Mais nous pouvons déduire que leur régime alimentaire est composé d’une diversité de plantes, d’herbes, de minéraux, d’arbres, d’écorces, de buissons et d’arbustes. L’AANHCP et Paddock Paradise (Europe) encouragent les recherches scientifiques dans ce sens. Avec les connaissances que l’on a aujourd’hui, le meilleur régime alimentaire est celui indiqué ci-dessus. Le but ici est d’avoir un comportement alimentaire naturel et sans excès, qui va stimuler une bonne santé.
  • CRITÈRE N° 7 : Pour une pension (avec plus de 10 chevaux) il faut faire une piste d’une largeur de 4 à 5 mètres entre chaque aire d’activité. Cette piste fait le pourtour du terrain dans lequel vous créez le Paddock Paradise. Du fait que les pistes larges vont ralentir l’avancement du cheval, il ne faut jamais dépasser 5m de large. D’autres pistes pourront être plus étroites, tout en respectant la sécurité des chevaux. Pour un nombre inférieur de chevaux, et/ou pour des chevaux qui se connaissent et s’entendent bien, une largeur de 3m maximum est conseillée. La plupart des chevaux vont passer par une période de transition une fois sur un Paddock Paradise. Quand le comportement extra-ordinaire aura progressé pour devenir un comportement ordinaire, on peut à ce moment-là rétrécir la largeur des pistes. Les piquets avec cordons ou rubans électrifiés, les piquets en bois avec lices, ou une haie seront utilisées pour faire les clôtures. Le barbelé est à bannir, ainsi que toutes autres clôtures potentiellement dangereuses. Les coins devront être arrondis pour que les chevaux puissent tourner facilement au trot ou au galop. Des éléments tels que des troncs d’arbres ou des branches d’arbres peuvent être utilisés pour simuler des déplacements naturels et aideront le cheval à former ses pistes en file indienne. Ceci peut être obtenu aussi par les clôtures. Le cheval pourra corriger ainsi son physique « tordu » pour le redresser et corriger une boiterie pas encore décelée pour la faire disparaître. En alliant la nature avec les progrès du 21ème siècle, il faut choisir les matériaux durables et bons pour l’environnement. Le but ici est de garantir la sécurité des chevaux et de créer un Paddock Paradise pratique et efficace pour eux.
  • CRITÈRE N° 8 : On peut créer des endroits pour des herbiers. On a déjà observé des chevaux sauvages qui décortiquaient des plantes avec leurs lèvres pour extraire une partie particulière de la plante. Gérer des pâtures (à l’intérieur d’un Paddock Paradise) est la façon la plus facile à fournir un herbier pharmaceutique et/ou un foin d’une grande qualité.Le but ici est d’apporter une diversité dans le régime alimentaire et de donner aux chevaux l’opportunité de choisir des plantes pour se soigner eux-mêmes.
  • CRITÈRE N° 9 : Le Paddock Paradise devrait avoir un sol sec. Le cheval peut se maintenir sur un sol mouillé en ayant un régime alimentaire correct, mais cela ne fait pas partie de l’habitat naturel du cheval et ceci devrait donc être évité dans la mesure du possible. Pour améliorer les sols pour les sabots, il faut stabiliser les pistes sur une petite largeur, et stabiliser les aires de repos, nourrissages et de jeux sur la totalité afin que les sabots ne trempent pas dans la boue continuellement. Les méthodes les plus courantes sont la pose de dalles (genre Sagustu), ou la pose de tout-venant ou autres cailloux avec ou sans une couche de finition (0/2 ou 0/4) de sable ou de poussier ou de quartz blanc. Le but ici est d’éliminer le sol humide.
  • CRITÈRE N° 10 : Dans des environnements plats et humides, tels que dans l’Europe du Nord, il faut un abri pour se protéger des vents et de la pluie. A défaut d’abri, il faut que la végétation telle que des arbres, des haies ou des buissons puissent protéger le cheval. On peut créer des endroits « à l’abri » pour que les chevaux puissent y retrouver refuge. Ces endroits peuvent être utilisés pour pouliner. L’utilisation des couvertures est à bannir, car le cheval a un système de thermorégulation et peut créer beaucoup de chauffage dans des températures extrêmes. Les couvertures peuvent être également une source d’accident dans des endroits où il y a des branches. Un petit mot pour dire que la robe d’equus asinas (l’âne) n’est pas faite pour des environnements humides. Le but ici est de s’assurer que le cheval ne soit pas exposé en permanence à des intempéries qui ne soient pas dans leur habitat naturel.
  • CRITÈRE N° 11 : Lors de la mise en œuvre du Paddock Paradise, on devrait penser à créer des bains de poussières. C’est un endroit sec et sableux où les animaux peuvent se rouler, jouer et dormir. Dans la vie naturelle, de tels endroits sont visités par plusieurs troupeaux depuis des générations. De tels endroits aident à minimiser les parasites et à donner du répit des insectes piqueurs. Le but ici est d’apporter des structures sociales à l’intérieur du troupeau.

Éthologie : OBSERVER les chevaux pour tenir compte de leurs priorités

  • critère n° 1 : la sécurité => le cheval peut renoncer à se nourrir et même à boire s’il ne sent pas en sécurité “à ses yeux”. Au sein du troupeau, c’est à l’étalon “alpha” va s’en occuper… dans nos relations au cheval, c’est à nous d’y pourvoir. Le paddock Paradise doit prévoir la possibilité :
    • de fuir (couloirs assez larges, pas de cul de sac)
    • de surveiller alentour (promontoires)
    • d’approcher en “tergiversant” – c’est à dire de façon latérale, indirecte (espaces plus larges que les pistes)
  • critère n° 2 : le confort => Au sein du troupeau, c’est à la jument “alpha” va s’en occuper… dans nos relations au cheval, c’est à nous d’y pourvoir en “organisant” l’accès aux différentes occupations
    • distribution autour des pistes des zones de nourrissage, abreuvoir, abri, zone de roulade, différents sols de différentes natures, pédiluve, grattoir, aménagements divers…
    • plantation de haies pour abriter des intempéries
    • construction d’un abri
  • critère n° 3 : la compagnie et le jeu => il est indispensable d’offrir une vie de troupeau au cheval…
    • 1 compagnon c’est le minimum.
    • dans nos relations au cheval, nous faisons partie du troupeau.
    • des espaces élargis où les chevaux peuvent interagir
  • critère n° 4 : la nourriture => c’est à nous de pourvoir à une alimentation diversifiée et équilibrée
    • foin (et distribution éparse le long des pistes) : amélioration de la biodiversité (et mise en concurrence des variétés non souhaitées), amélioration des sols
    • arbres fourragers : arbres isolés, bosquets, haies
    • plantes médicinales
    • fruits et légumes…

2 – Critères personnels : prendre soin de l’humain

Ils viennent compléter les 11 critères fondateurs du PP et dépendent de chacun : ils sont intimement liés à l’observation du site et évolueront avec lui dans le temps.
=> exemple : première liste
  • économiser :
    • faire du foin “maison”
    • récupérer de l’eau de pluie : un chapitre entier est consacré à l’eau plus loin
  • produire :
    • une forêt nourricière avec une ruche : production de fruits et légumes, pollinisation et production d’un peu de miel
    • un poulailler et l’hébergement de brebis et de chèvres : production d’œufs et aide au “débroussaillage”
    • composter pour faire pousser sans utiliser d’engrais chimiques
  • pénibilité réduite :
    • ergonomie, organisation
    • stockage
    • travail, autant que possible, au chaud, au frais, à l’abri de la pluie
    • petit et gros outillage
  • conception écologique :

source : site “Terre de vie”

B ) observer le site d’implantation

=> Approche agro-écologique “procéder à un inventaire méticuleux et bienveillant” : pour cela il faut se munir d’un carnet et toujours garder un plan vierge disponible pour y faire figurer ce qui a été observé

1 – réaliser le plan de base du site

=> il sera enrichi de toutes les observations faites pendant la conception, la réalisation, puis au fil des saisons
  • feuilles de papier calque pour y faire figurer divers éléments :
    • limites, clôtures
    • bâtiments, routes, chemins
    • cours d’eau,mare, robinets
    • haies, arbres isolés, végétation diverse
  • aller sur géoportail (https://www.geoportail.gouv.fr/carte ) : vue aérienne
  • photos diverses prises sur place : noter la raison qui a motivé la photo
  • commencer un herbier (des photos suffisent) : noter la date et l’emplacement de la plante observée
=> comment faire ? compléter les calques
  • parcourir le site encore et encore, à toute heure et en toute saison et au fil des années
  • noter toute nouvelle situation ou source d’étonnement : chercher la raison de toute modification
  • trier ce qui a été noté et supprimer les doublons, le superflu
  • identifier, trouver les premiers liens de cause à effet :
    • l’ombre portée à différents moments de la journée, et des saisons
    • la brume
    • les brises, le vent dominant, les effets de couloirs et de bourrasque du vent
    • les insectes et petits animaux

2 – approfondir : prendre soin de la terre

  • Climat et micro climat : un chapitre entier y est consacré plus loin
    • pluviométrie, quantité, fréquence
    • vents
    • températures au fil des saison… mini et maxi
    • créer sa propre station météo :
      • pluviomètre
      • thermomètre minima-maxima
  • identifier les plantes observées :
    • encyclopédies
    • groupes d’entraide sur FaceBook
    • applications sur le téléphone
  • nature des sols : un chapitre entier y est consacré plus loin
    • procéder à une analyse (voir fichier dédié)
    • réunir les informations sur les plantes bio indicatrices
    • repérer les sentiers déjà tracés par les animaux, les zones piétinées…
  • retourner sur géoportail (https://www.geoportail.gouv.fr/carte ) :
    • carte IGN, avec les courbes de niveau
    • profil du site
    • positionner le site dans une vue large du secteur afin d’identifier l’environnement immédiat et aussi les éléments plus lointains
    • identifier plus précisément les écoulements de l’eau, détecter les veines d’eau

source Internet : superposition avec les courbes de niveau de la carte IGN

Visualisation du site dans la vallée de la Vie, avec les collines qui l’entourent
  • Plan Local d’Urbanisme (PLU) : aller en mairie (ou sur Internet) identifier le classement du site, et donc les éventuelles contraintes liées
  • identifier le potentiel et les points faibles des bâtiments :
    • isolation – chauffage
    • eau
    • lumière
  • Définir les secteur d’influence autour du centre du site (petite vidéo donnant les bases – clic droit + ouvrir le lien) : https://www.youtube.com/watch?v=-t89EutqFdk
    • vents dominants : chaud, froid, chargé de pluie, force
    • soleil d’hiver – soleil d’été
    • vue agréable – vue désagréable
    • ombres
    • route – chemins en bordure – voisins – couloirs aériens
    • nuisance sonore – risque de pollution – odeurs
    • risques de gel
    • risque d’incendie
    • sens de la pente

source internet : plan approfondi

source internet : secteurs d’influence

3 – rationaliser : prendre soin de l’homme

=> Définir les zones d’intérêt : le zonage selon Fukuoka : c’est une bonne solution pour s’organiser de façon très pratique (éviter des aller- retours pour des prunes, mettre ce qui est utile là où ça sert, placer les lieux où on va le plus souvent à proximité… rien que du logique, et de pratique :=) )=> Petite vidéo qui explique les bases :https://www.youtube.com/watch?time_continue=16&v=fQaxJhqgvHg
Zone 0 : Il s’agit du centre de votre activité.
  • Pour moi, c’est la maison, pour d’autres cela peut être tout ce qui forme le cœur de votre venue sur le lieu étudié
Zone 1 : Il s’agit des endroits où nous passons au moins une fois par jour, ou plus.
  • Pour moi c’est l’entrée avec la boîte aux lettre, tous les chemins d’accès aux bâtiments et herbages. Ce sont les lieux d’hébergement des animaux, pour les soins quotidiens et vérifications d’usage, et les lieux de stockage des aliments et produits de soins, et outils d’écurie.
  • S’y ajouteront les points de distribution de foin sur les pistes du Paddock Paradise (PP) et le tour de ces pistes pour ôter les crottins, puis le garage quand il sera opérationnel
Zone 2 : Cette zone demande un peu moins d’entretien que la précédente., mais on y va au minimum une fois par semaine
  • Au haras il s’agit de la bergerie et du poulailler pour l’entretien (je place celui qui est en projet), les zones de plantation (je place ce qui est déjà planté pour les nouvelles haies et la forêt nourricière où se trouve la ruche écologique).
Zone 3 : C’est ce qui demande peu d’interventions mais quand même plusieurs par ans et une surveillance quasi mensuelle.
  • Ici ce sont les herbages non pâturés, qui seront fauchés et la partie centrale entre les pistes du PP. C’est aussi le pré des biquettes et des brebis. Ce sont les haies adultes à entretenir, et les clôtures à vérifier et entretenir.
Ensuite on a les zones 4 et 5, de plus en plus sauvages, de moins en moins visitées… mais elles ne concernent pas ce projet trop jeune (mais d’autres zones du haras le sont)

source Pinterest

4 – ajouter un objectif “écosystème” :

Au sein d’un écosystème, chaque être vivant joue un rôle qui lui est propre mais complémentaire de ceux que jouent les autres espèces avoisinantes.
=> diversité, efficacité, pérennité : vers l’autonomie du système clos et autosuffisant
  • purification de l’eau, protection des cours d’eau
  • couverture arborée évoluant vers 40% de la surface
  • boycott des produits à cycles courts (ne pouvant pas être réutilisés)
=> mesurer son empreinte écologique : http://www.myfootprint.org/ … et mesurer son évolution 1 an plus tard
  • Quels sont les réseaux opérants sur le site ?
    • faire un inventaire plus complet des espèces présentes sur le site, saison par saison
    • chercher des solutions pour réduire les déchets (trouver des utilisations) et limiter les apports extérieurs (utiliser d’autres déchets) et comment mettre ces solutions en œuvre : programme de plantation, construction d’un bac à compost, acheminer de l’eau de pluie
    • noter au fur et à mesure ce qu’il a fallu apporter et voir comment cela évolue dans le temps : c’est ainsi qu’on évalue le niveau de dépendance du système
  • transformateurs primaires (plantes) : pommier qui s’est nourri de l’énergie solaire
  • consommateurs primaires (consommateurs de graines, feuilles, fruits) : chenille qui se nourrit de la pomme
  • consommateurs secondaires (carnivores) : poule qui mange la chenille, puis humain qui consomme les œufs
  • décomposeurs : vers, bactéries qui sont dans le bac à compost où l’humain jette les coquilles d’œuf et produisent ainsi des nutriments qui seront utilisés par le pommier
=> l’écosystème “Paddock Paradise” est formé de nombreux réseaux opérants à identifier : il est important de ne pas laisser de pertes car toute énergie peut être retenue et utilisée pour circuler et entretenir la stabilité du système dans son ensemble, toute énergie non utilisée est susceptible de provoquer des excès et des pollutions
  • les poules de l’exemple, produisent aussi des déjections qui vont fertiliser le sol… des plumes qui iront dans le bac à compost, de la chaleur qui peut servir elle aussi en adossant le poulailler à une serre…elles consomment les parasites dans les crottins des chevaux et limitent donc le parasitisme
  • les engrais phosphatés vont polluer et asphyxier les rivière, alors qu’en plantant une ripisylve, ils seront absorbés et convertis en nutriments pour arbres fourragers des chevaux (arbres qui vont aussi remplir divers rôles écologiques) : planter est une des solutions pour limiter les surplus et donc les pollutions
=> les réseaux partagent aussi des éléments communs : plus il y aura de la biodiversité, plus les réseaux seront complexes, et plus l’écosystème “Paddock Paradise” sera stable et imbriqué dans un écosystème élargi aux alentours, et sur lequel il aura un réel impact.
=> les zones de transition entre 2 écosystèmes sont très riches : entre la prairie et… les haies, les bords de rivière, les bords de route. On y trouve des micro climats : en favorisant des lignes sinueuses on augmente leur longueur pour mieux en profiter… et ces lignes peuvent définir le tracé de certaines des pistes du Paddock Paradise
  • quels sont les motifs naturels présents sur le site ?
    • cercles et sphères : gouttes d’eau, œufs, fruits
    • ramifications : feuilles, branchages, systèmes racinaires, poumons
    • structure radiale : étoile au “cul” du trognon de pomme, flocon
    • spirale : pomme de pin, coquille d’escargot
    • structure en réseau : toile d’araignée, craquelures du sol sec
  • quelles sont les composantes temporelles de l’écosystème ?
    • oiseaux migrateurs : aigrettes blanches, hirondelles…
    • ombres portées des bâtiments et haies
    • méandres de la rivière : érosion à l’extérieur des courbes, dépôt de sédiments à l’intérieur
    • cycle des graines : lien entre la température et la germination, entre la température et la pousse des graminées
  • quelles sont les ressources disponibles sur le site et à proximité :
    • déchetterie : bois de palettes, bidons…
    • arbres pour faire des boutures…
    • toitures
    • rivière, ruisseau, puits, mare

C ) l’eau : c’est le critère 2 du Paddock Paradise

=> prendre soin de la ressource

1 – procéder à un audit personnel pour définir des stratégies d’économie :

  • Lister ses ressources :
    • eau de ville
    • ruisseau, rivière, mare, puits
    • précipitations mensuelles moyennes du coin ET surfaces de toitures disponibles pour récupérer les écoulements : cela permet de calculer combien d’eau peut être récupérée (et réfléchir aux moyens de la stocker et de l’acheminer là où elle va servir)
    • durée des périodes moyennes de sécheresse (susceptible de s’allonger avec les années et les changements climatiques)
  • Lister les dépenses pour les chevaux et les humains (et commencer à chercher comment faire des économies) :
    • abreuvoirs (40 l en moyenne par jour et par cheval) : utiliser l’eau de pluie…
    • douche des chevaux (plus de 100 l par douche et par cheval… occasionnel) : (cas personnel : les chevaux sont amenés à la rivière en été pour s’y rafraichir et s’y baigner)
    • nettoyage du matériel, des surfaces… (43 l pour le lave-linge utilisé pour les tapis et autres chiffons…) : investir dans un équipement classé “A” pour l’eau, réutilisation de l’eau de la douche et du lavabo (celle des humains)
    • herbages et haies : choisir des variétés peu gourmandes en eau (sauf dans les zones très humides bien sûr), pailler au pied des arbres, planter et semer pour ne pas laisser la terre à nu, utiliser les courbes de niveau pour bénéficier du ruissellement
    • nettoyage des véhicules : le faire moins souvent et à la main en coupant l’eau quand on savonne
    • Douche (60 l), lavage des mains (9 l), des dents (2 l), WC (38 l) : mettre des toilettes sèches, ou un réducteur de chasse
    • cuisine, boisson (2 l),
    • eaux de cuisson : à mettre au composteur ou au jardin, ou a utiliser comme désherbant selon les cas
    • lave linge (43 l), lave vaisselle (15 l)
    • jardin : pailler, goutte à goutte, système d’arrosage à faible débit
  • Lister les stratégies d’économie et les usages qui pourraient permettre d’utiliser l’eau plusieurs fois
    • l’eau de la douche des chevaux peut servir à laver le matériel, les sols…
    • l’eau du lavabo (de la baignoire et de l’évier), peut aussi servir dans les toilettes
  • lister les moyen d’assainir les eaux stockées :
    • charbon actif,
    • filtration avec du sable
    • gravier

2 – définir des stratégies de stockage

  • plus il y a de plantations, plus l’eau est stockée dans la végétation elle-même
  • éviter l’évaporation : planter des haies brise-vent pour protéger des vents dominants
  • collecter les eaux de ruissellement :
    • pour les toitures : pose de gouttières et de tonnes à eau
    • pour les terrains avec de la pente (c’est difficile à mettre en œuvre)
      • repérer les endroits du site où il y a un “creux” : choisir celui qui est le plus haut, c’est là qu’on peut creuser une retenue d’eau (on peut le trouver en allant observer sur place, mais aussi grâce aux coupes effectuées sur Géoportail)
      • tracer la ligne de niveau qui passe par ce point (utiliser pour cela un archipendule fabriqué maison http://democratie-reelle-nimes.over-blog.com/article-un-objet-fait-maison-pour-tracer-une-ligne-horizontale-sur-un-terrain-en-pente-122605556.html ) : c’est grâce à cette courbe de niveau, qu’il sera possible de creuser des fossés amenant l’eau plus bas, en pente douce (en s’écartant peu à peu de la courbe). Ces fossés permettent d’irriguer des plantations d’arbres en contre bas (le long des pistes du PP par exemple), de répartir la ressource en eau et de remplir d’autres petites mares et d’éviter l’accumulation d’eau en bas du terrain (ce qui donne de la boue en hiver)
=> protection des mares : même à petite échelle, même sans accès direct à l’eau, il convient de protéger les mares

3 – préserver et restaurer les eaux de surface : planter (voir le fichier sur les arbres)

  • limiter le ruissellement
    • planter en haut des collines : 5 à 10% des précipitations iront dans les nappes phréatiques
    • grâce aux couvert qui freine d’eau
    • grâce aux racines qui facilitent l’infiltration
  • absorber toxines et surplus
    • c’est un des rôles de la ripisylve
    • interdire l’usage des produits chimiques (attention aux fosses toutes eaux qui ne préservent pas la nature des détergents et autres savons)
  • consolider les berges
    • les protéger en posant des clôtures afin d’éloigner les chevaux : si possible sur 10 à 15 mètres
    • replanter les berges : privilégier les espèces locales et lutter contre les invasives (voir fichier “invasives”)
  • développer les habitats
  • ombrager l’eau pour la rafraîchir

4 – cartographier la ressource “eau” en faisant figurer sur le plan du site :

  • les ressources (robinets, gouttières, puits…) : en mentionnant la qualité de l’eau
  • les zones de captage des eaux de pluie : toitures et quantité moyenne de la récolte, avec nombre de tonnes à eau nécessaires pour le stockage
  • les zones à fort ruissellement : route, pente du terrain, pentes des toits…
  • les endroits où l’eau est utilisée
  • les moyens d’acheminement d’un point à l’autre : gouttière, tuyaux, canalisations..
  • identifier les sources éventuelles de pollution (y compris les routes, cimetière, fosses sceptiques…)

1 Comment

  • murzeau ludovic
    Posted 16 November 2018 at 19 h 09 min 0Likes

    super document complet et très très intéressent merci

Leave a comment